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Dépêches AFP (25/07/2010)

PALAISEAU (Essonne), 25/07/2010 (AFP) Des jeunes des quartiers écourtent leurs vacances pour réussir en prépa
Par Julie CHABANAS

Ils viennent de Seine-Saint-Denis, de la Loire, des Alpes-Maritimes, et entrent en classe préparatoire : 42 élèves de milieu social défavorisé passent trois semaines de leurs vacances d'été à Polytechnique, pour se préparer aux études supérieures.


Bien loin du sable chaud, c'est dans une salle de classe de cette prestigieuse école, face au lac du campus, que ces jeunes bacheliers, admis en classe préparatoire littéraire, scientifique, économique ou qui tenteront la faculté de médecine, passent une partie de leurs vacances. Au programme, cours le matin, colles puis sport l'après-midi, sorties le mercredi et le week-end.

Les Ecuries d'été, organisées pour la troisième année par l'association Réussir Aujourd'hui, préparent de jeunes bacheliers, issus de milieu social défavorisé, aux études supérieures. Ils sont logés dans une résidence étudiante du campus d'Orsay (Essonne).

Entre deux exercices, beaucoup de conseils de méthode, pour "les mettre en situation", souligne David Malka, professeur de physique en classe préparatoire.

"Dans un lycée +classique+, les élèves ont toujours un beau-frère, un oncle, qui peut leur en parler. Eux ont très peu d'exemples de parcours dans ces filières. Cette méconnaissance est une source d'échec. Au départ, d'ailleurs, ils ne pensent même pas pouvoir entrer en classe prépa", ajoute-t-il.

Philippe Marano, organisateur du stage, ajoute que le plus difficile est souvent de convaincre les parents.

Sélectionnés selon leurs motivation, résultats scolaires, et milieu d'origine, ces douze garçons et 35 filles témoignent d'un sérieux et d'un dynamisme à toute épreuve.

Maheen Iqbal, 18 ans, originaire de Stains (Seine-Saint-Denis), entrera, en septembre, en classe préparatoire intégrée, dans une école d'ingénieurs qu'elle est fière d'avoir trouvé "toute seule".

Elle n'a aucun regret à écourter son été : "je pourrais partir en vacances, mais je suis ici, ça me motive encore plus, je pense que ça va payer".

Maimouna Jaiteh, 18 ans, élève d'un lycée d'Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), relativise : "tout ce que j'apprends ici, c'est un plus. Et puis, on aura moins de mal à se mettre au travail à la rentrée !"

Yann Capliez, originaire d'Alès (Gard) et Christine Bonnoussamy, d'Aulnay-sous-Bois, respectivement admis en classe préparatoire commerciale et littéraire, attendent les résultats des épreuves d'admissibilité de Sciences-Po.

"Chaque été, on se promet de travailler, mais on ne le fait jamais. Ici, on est entourés de profs", sourient-ils.

Le plus dur semble être le réveil à 06H30. Mais pas question de grasse matinée cet été : après le stage, Christine se rendra en Angleterre, réviser son anglais.

La majorité des stagiaires a été suivie par l'association, pendant deux ans, chaque semaine et pendant les vacances.

"L'objectif est d'aider des enfants travailleurs et motivés à accéder aux études supérieures", en les ouvrant à "un milieu culturel différent" et en supprimant "l'auto-censure", précise Jean-Claude Barrois, président et fondateur de l'association, créée en 2004.

"Les enfants de milieux favorisés qui entrent dans ces écoles sont travailleurs", ajoute-t-il, avec l'espoir que, dans 20 ans, "les cadres ressemblent à la population française".

Le coût du stage est de 1.300 euros par élève. Les familles paient entre 100 et 400 euros. Le reste est financé par la fondation RATP, la fondation 29 Haussmann, la fondation la Luciole (Institut de France), et le fonds de réserve de Réussir Aujourd'hui, qui bénéficie de subventions publiques.